Longtemps apres l'on s'apercevait dans toutes les
provinces voisines que l'elite de la noblesse avait peri
dans cette fatale journee. L'infanterie beaucoup moins
engagee dans le defile, vit en tremblant la defaite des
chevaliers qui passaient pour invincibles, et dont les
escadrons effrayes se renversaient sur elle. Elle s'arreta,
voulut se retirer, et dans l'instant cette retraite devint
une fuite honteuse. Sa perte fut assez peu considerable,
mais les historiens de la nation ont conserve la memoire de
cinquante braves Zuriquois dont on trouva les rangs couches
morts sur la place. Leopold lui-meme fut entraine par la
foule qui le portait du cote de Zug. On le vit entrer dans
sa ville de Winterthur. La frayeur, la honte et
l'indignation etaient encore peintes sur son front. Des que
la victoire se fut declaree en faveur des Suisses, ils
s'assemblerent sur le champ de bataille, s'embrasserent e
versant des larmes d'allegresse, et remercierent Dieu de la
grace qu'il venait de leur faire, et qui ne leur avait coute
que quatorze de leurs compagnons.
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