Accoutumes a poursuivre le chamois sur les
bords glissants des precipices, ils couraient d'un pas
assure au milieu des neiges. Ils etaient armes de grosses et
pesantes hallebardes, auxquelles le fer le mieux trempe ne
resistait point. Les soldats de Leopold chancelants et
decourages cederent bientot aux efforts desesperes d'une
troupe qui combattait pour tout ce qu'il y a de plus cher
aux hommes. L'Abbe d'Einsidlen, premier auteur de cette
guerre malheureuse, et le comte Henri de Montfort, donnerent
les premiers l'example de la fuite. Le desordre devint
general, le carnage fut affreux, et les Suisses se livraient
au plaisir de la vengeance. A neuf heures du matin la
bataille etait gagnee.... Un grand nombre d'Autrichiens se
precipitant les uns sur les autres, chercherent vainement
dans le lac un asyle contre la fureur de leurs ennemis. Ils
y perirent presque tous. Quinze cents hommes resterent sur
le champ de bataille. Ils etaient pour la plupart de la
gendarmerie, qu'une valeur malheureuse et une armure pesante
arretaient dans un lieu ou l'un et l'autre leur etaient
inutiles.
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